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Я достаю из…глубоких карманов

15.06.2010 21:31 | Автор: liberte | Рубрики: Записи

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Маяковский! На французском! Я в безумном восторге!

Это как кусок мяса под взбитыми сливками. Нате!

Vers sur le passeport Sovietique

Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les «papiers», mais celui-là…

Je tirerai de mes poches profondes
l’attestation d’un vaste viatique.
Lisez bien, enviez
— je suis
un citoyen
de l’Union Soviétique.

(1929)

Vers sur le passeport Sovietique

Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les «papiers».

Mais celui-là…

Longeant le front des compartiments et cabines,
un fonctionnaire bien poli s’avance.

Chacun tend son passeport, et moi je donne
mon petit carnet écarlate.

Pour certains passeports on a le sourire,
d’autres on cracherait dessus.

Au respect ont droit, par exemple,
les passeports avec lion anglais à deux places.

Mangeant des yeux le brave monsieur,
faisant saluts et courbettes,
on prend comme on prend un pourboire,
le passeport d’un Américain.

Pour le Polonais on a le regard
de la chèvre devant l’affiche.
Pour le Polonais le front est plissé
dans une policière éléphanterie
d’où cela sort-il et quelles sont ces
innovations en géographie ?

Mais c’est sans tourner le chou de la téte,
c’est sans éprouver d’émotions fortes
qu’on reçoit les papiers danois
et les suédois de diverses sortes.

Soudain, comme léchée par le feu,
la bouche du monsieur se tord.

Monsieur le fonctionnaire
a touché la pourpre de mon passeport

Il le touche comme une bombe,
il le touche comme un hérisson,
comme un rasoir à deux tranchants,
il le touche comme un serpent à sonnettes,
à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.

Complice a cligné le regard du porteur,
qui est prét à porter vos bagages pour rien.

Le gendarme contemple le flic,
le flic le gendarme.
Avec quelle volupté la caste policière
m’aurait fouetté, crucifié,
parce que j’ai dans mes mains,
porteur de faucille,
porteur de marteau,
le passeport soviétique.

Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les «papiers», mais celui-là…

Je tirerai de mes poches profondes
l’attestation d’un vaste viatique.
Lisez bien, enviez
— je suis
un citoyen
de l’Union Soviétique.

(1929)

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Écoutez !

Puisqu’on allume les étoiles,

c’est qu’elles sont à

quelqu’un nécessaires ?

C’est que quelqu’un désire

qu’elles soient ?

C’est que quelqu’un dit perles

ces crachats ?

Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,

il fonce jusqu’à Dieu,

craint d’arriver trop tard, pleure,

baise sa main noueuse, implore

il lui faut une étoile !

jure qu’il ne peut supporter

son martyre sans étoiles.

traduction Simone Pirez et Francis Combes

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La nue empantalonnée
(extrait)

« Allô ! Qui
« Parle ?
« Maman ? »
— C’est maman !
— Maman, votre enfant est malade magnifiquement
Maman !
Il est malade d’incendie du cœur.
À Liouda, Olia, mes sœurs,
Dites qu’il n’a plus où s’en sauver avec sa vie
Toute parole,
Toute drôlerie,
Qu’il crache hors sa bouche d’incendie assiégée
Est comme la prostituée nue qui
D’une maison publique en feu est jetée.

Toute une gent va reniflant :
— « Ça sent le brûlé ».
On fait venir… qui ?… je ne sais :
Des rutilants,
Avec des casques !
Inutiles, les bottes de géant !
Aux sapeurs-pompiers allez disant :
Sur un cœur montez non pas avec des casques, mais des caresses !

C’est moi l’incendie :
L’amas de larmes dans mes yeux,
je le vide en barils.

Qu’on me permette sur mes côtes de m’arc-bouter :
Je vais sauter. Je vais sauter. Je vais sauter. Je vais sauter.
Les pompiers à terre ont croulé.
On ne peut hors du cœur sauter.

Sur le visage tout brasier
Un géant baiser carbonisé
Hors la fissure des lèvres crevassées
S’élance, grandit en flamme.

Maman Je ne puis avoir de chant.
Dans le chœur du cœur les stalles prennent feu.
Embrasées, des figures de chiffres et de mots,
Hors les murs du cerveau
Tels des bambins hors d’un édifice d’incendie,
Font le saut.

Ainsi l’effroi
De ne pouvoir aux nues accrocher les doigts
À suspendu
Les bras en flamme du Lusitania.

Ô mon dernier cri,
Quoi que soit ce que tu cries
Gémis dans les siècles que je suis en incendie !

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